Trains des Amériques

Constructions

Construire un module d’expo

Sauf mention contraire, Texte et photos : Luc
Trains des Amériques n°12, Mai 2021

Faire du train américain (ou d’ailleurs) est une chose, mais le faire dans de bonnes conditions en est une autre. Luc présente nous présente sa manière de réaliser un module d’exposition, en mélangeant des méthodes venant d’un peu partout.

Un aperçu de ce qui me semble important dans ce domaine. Encore une fois, ceci n’est pas du dogme ; c’est juste « comment je fais, aujourd’hui, suite à mes essais et erreurs ».

Séquence

Évidemment, la partie la plus chouette de cet aspect du hobby, c’est de faire le décor. On pourrait donc être tenté de commencer par là, sur un bout de panneau. Je le sais, je l’ai fait aussi !

Je pense maintenant que c’est plus rationnel et plus productif de faire toute l’infrastructure d’abord. Essayer de bidouiller un arrière-plan, un vide technique, un éclairage et des câblages électriques autour d’un fragile décor déjà fignolé, c’est prendre le double risque d’abîmer ledit décor, et de mal faire le travail d’infrastructure, qui serait un peu branlant, mal fixé, caduc (CSZ).

Il y a plein d’autres avantages à cette façon de faire : le module monobloc s’autoprotège pendant le transport ; pour le montage dans la salle d’expo, c’est le rêve aussi : on le pose sur ses tréteaux, on branche l’unique prise de courant, et « roule ma poule » !

La caisse

Le critère n° 1 pour la dimension d’un module, c’est la taille du coffre de l’auto ! Et après, il ne faut pas changer d’auto pour une avec un plus petit hayon ; c’est arrivé à Brennus, il n’avait pas pensé à ça, et il a été bien embêté !

Quelques rares puristes ont conçu des réseaux pouvant être emmenés en train. Je leur adresse l’expression de mon respect, mais bon, ce ne sera pas mon propos.

La dimension varie évidemment suivant le projet, mais pour un mini-réseau d’expo monobloc, 120 cm x 60 x 60 est une belle dimension, gérable et transportable (à deux).

Je demande à Monsieur Bricolage qu’il me découpe mes panneaux, le plus souvent dans du contreplaqué de 8 mm. QUATRE panneaux : le dessus, le dessous et les deux petits côtés, PAS l’arrière. J’en fais une boîte, en vissant dans les 4 coins un bout de chevron (les Français disent « tasseau », je crois) de 60 cm. Encore 2 bouts de chevron, verticalement, aux bords à l’avant, et éventuellement un renfort vertical au milieu de l’arrière, on verra pourquoi tantôt.

Le forex

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Le forex, ou PVC expansé, est un produit miraculeux pour le modéliste. C’est un peu comme de la plasticarte en plus épais et en bien moins cher !

En fait, mon ami Didier exerce la profession de placeur de publicités, et donc aussi d’ENLEVEUR de publicités, quand la campagne est finie ! Son activité génère un stock énorme de supports divers, imprimés bien sûr, mais ça n’a pas d’importance. Il y a, entre autres, des METRES CUBES de forex de 5 mm d’épaisseur. Je m’en sers pour faire des maisons

Ça se coupe au cutter, et ça se colle à la SuperGlue.

Pour créer un arrière-plan courbe, c’est véritablement idéal.

Je ne saurais assez vous recommander de chercher autour de vous pour en trouver de réemploi. Et sinon, ça se trouve en neuf, même chez Leroy-Merlin !

Dans mon cas, puisque c’est du matériau de réemploi, il faut que je le prépare un peu. Parfois, le panneau est imprimé. Il faut alors le poncer légèrement avant de le repeindre. Parfois, la publicité est imprimée sur une feuille de vinyle autocollant, qu’il faut ôter, puis laver les résidus de colle au white-spirit.

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Dans mon cas, puisque c’est du matériau de réemploi, il faut que je le prépare un peu. Parfois, le panneau est imprimé. Il faut alors le poncer légèrement avant de le repeindre. Parfois, la publicité est imprimée sur une feuille de vinyle autocollant, qu’il faut ôter, puis laver les résidus de colle au white-spirit.

Ça se courbe très facilement, régulièrement et harmonieusement. Si on insiste trop, ça finit par casser, plus vite quand il fait froid, mais on peut descendre à 20 cm de rayon, ce qui est très satisfaisant.

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Ça se courbe très facilement, régulièrement et harmonieusement. Si on insiste trop, ça finit par casser, plus vite quand il fait froid, mais on peut descendre à 20 cm de rayon, ce qui est très satisfaisant.

Mon panneau est lavé, découpé plus ou moins à mesure, je peux le poser ; en fait, il suffit de le visser dans la caisse, à l’aide de simples vis à bois. On comprend maintenant le besoin des deux renforts à l’avant des petits côtés ; celui de l’arrière sert à guider l’arrière-plan, à l’empêcher de « sortir » de la boîte par l’arrière.

Enfin, en le fixant, je suis très attentif à bien plaquer le bord supérieur de l’arrière-plan au « plafond » de la boîte ; là, un jour se verrait très fort ! Bien sûr, un peut toujours y mettre un petit joint de silicone avant de peindre (c’est même quasi indispensable) mais c’est encore mieux si c’est presque impeccable dès le début.

Voilà, la menuiserie est finie !

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Couleurs

Je peux maintenant installer l’éclairage (voir l’historique de mes errances dans l’article « Led there be light ») puis peindre l’arrière-plan.

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J’utilise un simple acrylique bon marché, très satisfaisant (je ne sais plus où j’ai lu, peut-être dans Model Railroad Hobbyist, que le fournisseur le plus important du modéliste, c’est Monsieur Bricolage !).

Pas facile de trouver la bonne nuance. Ma conclusion provisoire est que

  • c’est moins moche si on a choisi une nuance trop claire, plutôt que trop foncée
  • donc, si on hésite entre deux, il vaut mieux prendre la plus claire
  • il vaut mieux aller au magasin un jour où il fait beau et sortir sur le parking avec leur nuancier, ça donne une bien meilleure idée
  • et enfin, si on s’aperçoit qu’on s’est trompé, ON RECOMMENCE AVEC UNE COULEUR PLUS JUSTE AVANT DE CONTINUER ! Autrement, on le regrette inévitablement…

Enfin, un mot sur les nuages, et la représentation de paysages peints sur l’arrière-plan. Je pense que pour faire quelque chose de beau, il faut être un vrai artiste (voir « Sabaudia », par exemple), et que ça dépasse largement mon niveau de compétence. Donc, personnellement, j’évite !

Voici où nous en sommes :

J’ai placé un fronton (les Américains disent « valance »), qui camoufle la source lumineuse et ses connections.
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J’ai placé un fronton (les Américains disent « valance »), qui camoufle la source lumineuse et ses connections.
L’arrière est moins propret !
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L’arrière est moins propret !

L’avantage de l’arrière-plan courbe, c’est qu’il dégage du volume derrière lui, qui peut être utilisé pour loger des brols électriques, des fagots de fils et, indispensable à mes yeux, UN BLOC MULTIPRISES MUNI D’UN INTERRUPTEUR, fixé à demeure dans le module.

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L’avantage de l’arrière-plan courbe, c’est qu’il dégage du volume derrière lui, qui peut être utilisé pour loger des brols électriques, des fagots de fils et, indispensable à mes yeux, UN BLOC MULTIPRISES MUNI D’UN INTERRUPTEUR, fixé à demeure dans le module.

Le sol

Jusqu’il n’y a guère, je créais un vide technique SOUS le plan de roulement, pour faire passer les fils (d’alimentation de la voie, des moteurs d’aiguillage, etc.). Je ne le fais plus ; ça faisait un panneau de 120 x 60 de plus, donc du poids, sans parler du volume perdu. (Tiens, c’est bizarre, ça, de dire « sans parler de » justement pour en parler !)

Maintenant, je mets dans le fond du module une épaisseur de 5 ou 6 cm de polystyrène extrudé. Ceci permet :

  • de créer du relief négatif, des fossés, un lit de rivière
  • de faire passer les fils : il suffit de creuser une petite tranchée au cutter, puis de la reboucher au silicone
  • de ne plus devoir rajouter de l’isolant phonique : on peut coller la voie dessus , facilement, à la colle blanche.
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Le cadre

Tout ce qui est infrastructurel est (enfin !) presque terminé

Il faudra encore finir le cadre qui entoure le tableau ; ce n’est pas urgent, ça peut être fait après l’achèvement du décor, mais c’est indispensable !

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On peut évidemment faire tout ou partie du cadre en Forex ; c’est vraiment un matériau merveilleusement polyvalent !

Solide

C’est tellement désolant, au montage ou au démontage de l’expo, de parcourir les allées et de voir, à terre, des brimborions tombés de réseaux parce que, mal protégés, ils ont cassé ! Et c’est évitable, crois-je, en structurant son travail.

Il faut toujours mettre un arrière-plan, de l’éclairage, des moyens techniques. Mais en planifiant un peu ce travail bêtement utilitaire, on se facilite la vie pour quelques années ; ¼ d’heure pour tout installer, pareil pour démonter, et ça fonctionne à tous les coups !

Si vous le souhaitez, reparlons-en sur le forum !

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Crédits : sauf mention contraire, texte et photos par Luc ; CC-BY-NC-SA ; Trains des Amériques, Mai 2021.

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