Trains des Amériques

Des bâtiments américains en CLAP

Sauf mention contraire, Texte et photos : aldac
Trains des Amériques n°5, Octobre 2020

Voici un intéressant procédé de création, simplifié et économique, permettant de réaliser des bâtiments américains typiques, à destination de nos réseaux et dioramas. Il est adapté à toutes les échelles, et même idéalement approprié aux très petites échelles : N, Z, etc.

Cette méthode de construction assez répandue est particulièrement appréciée outre-Atlantique, notamment par les modélistes et les clubs de modélisme ferroviaire d’Amérique du Nord pour agrémenter l’espace disponible et « meubler » tout particulièrement le fond de décor de leurs immenses réseaux ferroviaires.

Aujourd’hui, comme sur le continent américain, plusieurs possibilités s’offrent au modéliste européen pour réaliser des bâtiments d’Amérique du Nord pour son réseau ou son diorama :

1°) les classiques maquettes et kits du commerce (plastique, résine, carton, bois) qu’il faut le plus souvent commander aux USA ou au Canada ;

2°) le ’’scratch building’’, ou autrement dit les constructions réalisées intégralement à partir de matériaux courants pour le maquettisme et/ou de récupération. Ces bâtiments sont généralement réalisés à partir de plans d’ouvrages réels, mais peuvent être aussi le fruit de l’imagination de leurs auteurs ;

3°) de nos jours, on peut également faire appel à des technologies plus récentes, comme la possibilité d’utiliser une imprimante 3D à condition bien sûr d’en posséder une et de maîtriser le(s) logiciel(s) idoine(s) ; voire pourquoi pas, faire appel à la précision de la découpe laser, si toutefois cela nous est accessible ;

4°) et puis, il y a aussi le ’’CLAP’’ :
C.L.A.P. est un sigle qui, d’après certaines sources, a été créé à partir des initiales de Clive Lamming et celles de Alain Pras, deux personnalités du milieu du modélisme ferroviaire qu’on ne présente plus.

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Le CLAP, un rendement simplifié et rapide

Comparativement aux autres possibilités évoquées (maquettes, kits, scratch, etc.) un des avantages du CLAP est de pouvoir réaliser très rapidement l’ensemble des éléments d’un décor que sont les immeubles, maisons, usines, etc., un procédé très couramment utilisé par les modélistes américains, dont certains mettent à disposition de leurs semblables, ou échangent avec eux, des documents (photos et images) téléchargeables.

Pour mon nouveau réseau Shipping CAN-AM, illustration du street running et de quelques embranchements privés, ne voulant pas passer un temps infini à la réalisation du décor qui allait se composer essentiellement de nombreux bâtiments (immeubles d’une rue principale avec ses divers commerces, plusieurs entrepôts industriels dédiés au fret, quelques maisons individuelles, etc.), j’ai donc opté d’emblée pour ce procédé.

C’est ainsi, qu’après la pose de la voie, j’ai eu le plaisir quasi immédiat de pouvoir manoeuvrer mes trains dans un environnement décor déjà très avancé. En cumulé, la réalisation proprement dite de l’ensemble des bâtiments du réseau doit représenter environ trois semaines de travail, sans précipitation (durée qui ne prend évidemment pas en compte le temps de recherche d’images et de photos sur Internet).

Autre avantage du CLAP comparé aux autres alternatives, ce procédé est sans doute le moins onéreux, même si l’on tient compte du coût global de l’impression couleur. En effet, les structures sur lesquelles sont collées façades, pignons, toitures, etc., sont réalisées à partir d’un matériau de récupération connu de tous : le calendrier en carton. Carton auquel il faut seulement ajouter le coût d’un peu de colle blanche vinylique (la même que celle utilisée pour le collage du bois, celui du ballast, etc.).

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Origine des photos pour Shipping CAN-AM

N’ayant pas eu le loisir d’aller aux États-Unis pour photographier moi-même bâtiments et immeubles divers qui m’auraient permis de constituer le stock de photos nécessaires à la réalisation de mon décor, j’ai donc fait appel aux innombrables possibilités qu’offre bien évidemment le Web.

Voici quelques liens que j’ai utilisés pour télécharger des images disponibles en free.
NB : Celles-ci ne nécessitent pas a priori de retouche de la perspective et leurs dimensions sont amplement suffisantes pour permettre une bonne définition, même pour une impression à l’échelle O :

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… et pour ’’chiner’’ davantage, quelques recherches sur Google :

Toutes les constructions figurant sur mon réseau (excepté une concession/garage VW) ont été réalisées ainsi. Le réalisme attendu est là aisément obtenu puisque s’agissant en majorité de photos d’immeubles réels : reflets sur les vitres, ombres portées, matières etc., et cela, bien que les façades et pignons ne soient représentés pour la plupart qu’en deux dimensions : celles de la feuille de papier imprimé.

Ajouter un minimum de relief

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Les perfectionnistes pourront toujours en y consacrant un peu plus de temps, apporter davantage de présence et de réalisme à leurs constructions en CLAP, en jouant de l’X-Acto : découpe des portes et fenêtres, ajoutant ainsi en creux, un relief supplémentaire, et/ou en les agrémentant de quelques détails (aménagements intérieurs, cheminées de toit, enseignes, antennes, descentes d’eaux pluviales, stores, auvents, figurines aux fenêtres, etc., tout comme on le ferait pour les autres modes de construction.

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La correction de perspective

Il peut advenir, qu’à défaut d’avoir pu trouver les photos parfaites de bâtiments réels à votre goût et exploitables sans retouches, ou d’avoir pu faire vous-même sur place de telles photos, il soit alors nécessaire de faire usage d’un logiciel de retouche photo pour corriger les fréquentes déformations dues à la prise de vue (distorsions de perspective notamment).

Pour ce faire, j’utilise une ancienne version de Photoshop (Adobe White Rabbit) et en ce qui concerne la correction de perspective proprement dite, je fais appel à deux types d’outils.

Avec White Rabbit, pour obtenir un de ces outils de correction, le chemin de clics successifs est le suivant : Édition/Transformation/Perspective
Ou bien : Édition/Transformation/Déformation
NB : Ces outils peuvent parfois se situer différemment dans l’arborescence de la boîte à outils du logiciel, en fonction de la version de Photoshop utilisée.

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Démonstration de la correction de perspective

Plutôt que de rédiger une interminable et soporifique explication, voici quelques liens vers des vidéos de tutoriels dénichés sur Internet. Il en existe d’autres, variant légèrement de l’un à l’autre en fonction des diverses versions de Photoshop utilisées, mais le principe de base reste le même :

Accessoirement, ce même logiciel de retouches photo pourra servir à la mise à l’échelle souhaitée avant impression de l’image, dernière phase pour laquelle une imprimante couleurs est bien entendu indispensable.

Personnellement, après avoir téléchargé une photo/image (et éventuellement effectué une correction de perspective), je préfère enregistrer l’image, puis la copier/coller sur une page de traitement de texte (WinWord en l’occurrence) afin de la mettre à l’échelle et de pouvoir ainsi travailler facilement : aménagements, montages successifs et autres modifications ou détails.

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En conclusion, voilà une méthode très rapide et économique pour les modélistes qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas réaliser des constructions intégrales qui, si elles sont souvent magnifiques, s’avèrent aussi très chronophages… ou encore, pour ceux qui n’envisagent pas l’achat de multiples maquettes ou kits, qui au final peuvent représenter une dépense conséquente.

Pour compléter cet article de ’’Trains des Amériques’’, seront ensuite proposés sur le forum - plus approprié pour cela - quelques exemples de réalisations simples de bâtiments typiques des USA avec l’aide - plutôt inattendue - d’un logiciel de traitement de texte.


Cet article est disponible sous licence Creative Commons BY-NC-SA.

Crédits : sauf mention contraire, texte et photos par aldac ; CC-BY-NC-SA ; Trains des Amériques, Octobre 2020.

Permalien : https://www.trainsdesameriques.fr/?article43